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Seule Dans mon Apollo - l'exposition d'Anne Pesce

Expositions

Modesti Perdiolle Gallery Présente Anne Pesce et son Solo Show "Seule dans mon Apollo"

 "Il est tôt ce matin-là, lorsque, allumant la radio, j’entends parler une peintre que je ne connais pas : Anne Pesce. Elle dit que tous les jours, à 5 heures et quart (précisément l’heure à laquelle elle parle ce jour-là sur France Inter), elle part pédaler sur le col de Vence, environ 30 km pour deux heures d’efforts physiques : Une ascèse méditative spirituelle pour l’élaboration de ma peinture, dit-elle, un moment répétitif, ritualisé, pour lequel je me mets en méditation de recevoir sur la surface de mon corps tous les phénomènes atmosphériques et météorologiques. Ensuite quand je rentre dans mon atelier, je reconvoque toutes ces sensations et j’en cherche les gestes picturaux". Extrait d’une chronique de Véronique Olmi. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy (ENSAPC), Anne Pesce est née en 1963 à Pantin. L’artiste-peintre, qui vit et travaille à Vence, dans le sud de la France, poursuit un travail vibrant sur l’expérimentation des formes et des couleurs. Elle explique : « Les horizontales, verticales et obliques dans mes peintures ne sont pas des structures de composition mais l’ordre de mon déplacement dans l’espace. » Cette peinture, qui se déploie sur la toile comme une onde, est pour l’artiste le fruit d’une ritualisation du quotidien dont découle l’impérieuse nécessité de la pratique picturale. Au fil de ses pérégrinations dans la grandiose nature des environs de Vence, où elle pratique quotidiennement plusieurs heures de vélo, Anne Pesce, nous dit le philosophe Bertrand Cochard, « absorbe les informations sensibles que le décor lui transmet : variations de luminosité, morsures du froid sur l’épiderme, défilement du paysage (...), omniprésence de la pente et de l’effort dans les montées, apparition et disparition fugitives de la mer... » Un corps-à-corps avec la réalité, toujours changeante, imprimant des traces toutes matérielles, dont les peintures réalisées, une fois la balade terminée, sont la restitution minutieuse.

Par le vélo, ou plutôt grâce à lui, Anne Pesce absorbe le monde, employant les ressources insoupçonnées de son corps, pour donner à sentir, par le prisme du tableau, une réalité que nous ne nous donnons plus la peine de voir, de contempler, et que seul le monde artistique semble aujourd’hui capable de nous révéler. « J’espère que les gens vont comprendre que leurs réponses à ma peinture sont abstraites et que leurs vies sont plus vastes qu’ils ne croient », précise-t-elle. Comme Cézanne avant elle, à qui elle dit si justement devoir « la vérité en peinture », l’artiste nous ouvre au monde dans une manière de faire corps avec la transcendance de la réalité que seule autorise l’abstraction. Ses toiles s’articulent entre couleurs primaires (noir, bleu, rouge, jaune) et formes géométriques (la ligne, le cercle) agencées dans cette évidente vérité du ressenti qu’en digne élève du maître de la Provence elle conçoit après avoir suffisamment observé la réalité, ou plutôt « avoir suffisamment », nous dit encore Bertrand Cochard, « offert son corps à l’épreuve du monde. » Et Anne Pesce de préciser : « Dans mes peintures. Couleurs sonores, timbres et harmoniques, tonalités et valeurs. Toucher la toile avec mes pinceaux ou tracer en pressant les tubes dont le frottement est l’exacte transcription de la partition sonore de l’épaisseur de l’air au moment de ma “dévalade” : mes gestes de peintre réagissent aux atteintes des masses colorées résonnantes qui me percutent, tant leurs fréquences sont sonores, elles attaquent et se diffusent. La distance entre mes touches est une proximité qui se mesure à la force d’attraction des masses colorées. Mes gestes ne sont jamais des motifs mais, la surprise d’un moment dans mon environnement.


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