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Spectacles

Lapsus O corpus
Lapsus O corpus

Lapsus O corpus

7 mai 1987, église de la Madeleine, on enterre Dalida. Sous les projecteurs, la cérémonie s'est habillée pour les grands soirs : robe à paillettes, perruques blondes et orchestre généreux, promettant le grandiose que mérite cet évènement. Avec des reprises fougueuses de ses plus grands succès, l'orchestre donne la mesure à la succession d'hommages : grands noms de la chanson ou starlettes de la télévision, chacun veut son moment émotion.

Anecdotes, larmes, rires, l'instant est parfait, le public réuni, pour racoler des voix, des électeurs, de l'attention. Mais derrière la parure, le corps encore chaud de Dalida tremble. Soubresauts amers d'une vie de scène, le dernier rideau peine à se baisser. Alors que tout le monde nie son obscurité, que même son enterrement est exploité, Dalida, pour son dernier tour de scène, livre sa dernière danse avec la mort.

Et si la société était une diva qui tous les jours s'habille d'une image de soi ? Victime d'elle-même et du système qu'elle crée, on s'applique à ne voir d'elle que ses plus belles facettes. Sur un air disco, c'est pourtant bien le suicide d'une société au profit d'un divertissement toujours plus insensé qui est porté sur scène, et nous invite à reconsidérer ce que l'on voit et accepte de voir, mais aussi ce qu'on laisse voir de soi.


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